dimanche , 22 juillet 2018

Soudan du Sud : Salva Kiir et Riek Machar ordonnent un cessez-le-feu immédiat

Face à la flambée de violence qui touche la capitale, le président de la République a demandé à ses troupes de cesser le combat. Son rival Riek Machar en a fait de même. De son côté, le secrétaire général de l’ONU réclame un embargo sur les armes ainsi que des sanctions.

La mesure pourra-t-elle être respectée sur le terrain ? Le président sud-soudanais Salva Kiir a ordonné lundi un cessez-le-feu prenant effet à 18h, heure locale,après plusieurs jours de combats dans la capitale, Juba, entre forces loyalistes et ex-rebelles. C’est le ministre de l’information, Michael Makuei, qui a annoncé l’information à la télévision d’État SSBC.

Le président a signé un décret ordonnant « la cessation des hostilités avec effet immédiat », a-t-il ajouté.

Tous les commandants de l’armée gouvernementale ont « ordre de cesser tout combat et d’obéir à ce décret, de contrôler leurs forces et de protéger la population civile et ses biens », ainsi que d’ »assurer la protection de tout groupe ethnique qui pourrait être visé », a poursuivi Michael Makuei, selon lequel tout ex-rebelle « qui se rend à la SPLA doit être protégé ».

Riek Machar à l’unisson

De son côté le vice-président et rival de Salva Kiir, Riek Machar, a lui aussi demandé à ses troupes de faire taire les armes : « J’informe toutes les troupes qui se sont battues et se sont défendues qu’elles doivent respecter ce cessez-le-feu et rester où elles se trouvent en ce moment», a-t-il déclaré sur les ondes de Eye Radio Juba.

Inquiétude de la communauté internationale

Pour le deuxième jour consécutif, la capitale sud-soudanaise Juba a été le théâtre ce lundi de violents combats entre les hommes fidèles à Salva Kiir et les ex-rebelles qui soutiennent le vice-président Riek Machar, traumatisant la population, malgré la réprobation d’une communauté internationale impuissante. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a par ailleurs demandé ce lundi au Conseil de sécurité de décréter « un embargo immédiat sur les armes » destinées au Soudandu Sud et de nouvelles « sanctions ciblées » contre les fauteurs de trouble.

Au moins 300 morts

Des combats d’une lourde intensité ont éclaté dans la matinée vers l’aéroport (nord-est) et le quartier de Tomping (centre), a indiqué à l’AFP une source diplomatique occidentale, alors que l’ambassade des Etats-Unis à Juba a fait état de « combats sérieux entre le gouvernement et les forces d’opposition ».

Toutefois, selon un journaliste de l’AFP présent à Juba, aucun coup de feu n’a été entendu depuis environ 14H00 heure locale, suggérant au moins une accalmie dans les affrontements. La situation reste en revanche tendue, seules les forces gouvernementales se déplaçant dans les rues.

Depuis vendredi, les combats auraient fait près de 300 morts, indiquent des sources locales, mais ce bilan est très certainement en deçà de la réalité puisqu’il porte essentiellement sur les pertes de vendredi et que les affrontements se sont intensifiés à partir de dimanche.

Selon Pékin, un Casque bleu chinois a été tué par une « bombe » ayant touché un véhicule blindé de l’ONU.

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