lundi , 24 septembre 2018

Le vice-président de Nidaa Tounès élu à la tête du Parlement tunisien

Le vice-président du parti anti-islamiste Nidaa Tounès, Mohamed Ennaceur, a été élu jeudi président du Parlement tunisien issu des législatives de novembre dernier. L’avocat de 80 ans l’a emporté avec le vote de 174 députés sur les 214 présents.

La Tunisie post-révolutionnaire continue de s’illustrer par une pratique consensuelle du pouvoir avec l’élection à une large majorité de Mohamed Ennaceur, issu du parti anti-islamiste Nidaa Tounès, à la tête de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), jeudi 4 décembre.

Selon les chiffres officiels, 174 députés sur 214 présents ont ainsi voté en faveur de cet avocat de 80 ans – ce qui signifie que le parti islamiste Ennahda a soutenu l’élection de son rival politique au perchoir.

Les députés doivent encore élire deux vice-présidents de l’Assemblée des représentants du peuple, postes pour lesquels sont notamment en lice Abdelfattah Mourou, l’un des fondateurs d’Ennahda, et Mbarka Brahmi, la veuve de Mohamed Brahmi, député de gauche assassiné en 2013 par des jihadistes, provoquant une profonde crise politique.

Le vote aurait dû avoir lieu mardi, lors de la première réunion du Parlement, mais il avait été repoussé faute d’accord sur un candidat susceptible d’obtenir la majorité absolue des votes des députés.

Un proche d’Essebsi au perchoir

Mohamed Ennaceur est vice-président de Nidaa Tounès et ancien ministre des Affaires sociales d’Habib Bourguiba. Il s’agit d’un proche de Béji Caïd Essebsi, 88 ans, chef de Nidaa Tounès et favori du deuxième tour de la présidentielle prévu en décembre, face au président sortant Moncef Marzouki.

Sous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali, qui a renversé Bourguiba, Mohamed Ennaceur avait quitté le devant de la scène, sans pour autant rompre avec la politique : il est alors devenu le représentant de la Tunisie auprès des Nations unies à Genève.

Après la révolution de janvier 2011, il retrouve le portefeuille des Affaires sociales dans le gouvernement de Béji Caïd Essebsi, qui organisa les élections de l’Assemblée nationale constituante (ANC), remportées par Ennahda en octobre 2011.

Elu le 26 octobre dernier, l’Assemblée des représentants du peuple est le premier parlement démocratiquement élu en Tunisie. Ces législatives ont été remportées Nidaa Tounès (86 élus) devant Ennahda (69 députés), mais des tractations sont cependant nécessaires pour la formation d’une majorité stable, afin de former un gouvernement.

À la suite de la révolution, le pouvoir législatif était exercé par la Constituante qui a adopté en janvier 2014 une Constitution largement considérée comme un modèle de libéralisme dans le monde arabe.

Vote présidentiel et transition démocratique

La transition post-révolutionnaire doit s’achever cette année avec l’élection d’un chef de l’État courant décembre. La date du scrutin n’a pas encore été fixée, la justice examinant encore des recours déposés après le premier tour de la présidentielle le 23 novembre.

Les deux finalistes se sont invectivés par médias interposés depuis le premier tour.

Béji Caïd Essebsi a pointé du doigt le président sortant, élu en 2011 par la Constituante avec l’appui d’Ennahda, l’accusant de compromissions avec les islamistes et de courtiser les jihadistes.

Moncef Marzouki, lui, considère son concurrent comme le représentant du régime déchu, celui-ci ayant servi comme ministre sous Bourguiba puis au début des années 1990, comme président du Parlement de Ben Ali.

Avec AFPimages

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