mercredi , 26 septembre 2018

La veuve de Yasser Arafat « bouleversée » par les contradictions entre experts

Alors que les experts français privilégient l’hypothèse d’une mort naturelle de Yasser Arafat, la veuve de l’ex-leader palestinien a déploré le manque d’homogénéité entre les différentes analyses. Les Suisses penchent pour un empoisonnement.

La veuve du dirigeant palestinien Yasser Arafat s’est dite « bouleversée », mardi 3 décembre, par les contradictions entre experts suisses et français sur les causes du décès de son mari, les premiers privilégiant la piste de l’empoisonnement, les seconds estimant qu’il s’agirait d’une mort naturelle.

« Que faut-il penser ? », a déclaré Souha Arafat, lors d’une conférence de presse à Paris. Si elle précise « n’incriminer personne », elle affirme néanmoins espérer que les experts, considérés comme « les meilleurs d’Europe », parviennent à lui fournir une conclusion homogène. Son avocat, Pierre-Olivier Sur, a par ailleurs indiqué qu’il demanderait à ce que l’expertise suisse soit versée à la procédure française pour « croiser » les deux versions.

Point commun aux expertises : la présence de polonium à haute dose

Si les conclusions des experts français et suisses divergent sur cette affaire, il est un point sur lequel tout le monde s’accorde : la présence de polonium en dose supérieure à la moyenne dans le corps de Yasser Arafat. Pour les Français, la présence d’un gaz radioactif naturel, le radon, dans l’environnement extérieur, expliquerait ces fortes doses. Les Suisses ont quant à eux écarté l’influence du radon, a ajouté la veuve.

Après la découverte de polonium, une substance radioactive hautement toxique, sur des effets personnels de son mari, Souha Arafat avait déposé, en juillet 2012, une plainte contre X pour assassinat. Ce produit aurait été, selon elle, administré à Yasser Arafat par un membre de son entourage. Les juges d’instruction chargés de ce dossier avaient alors ordonné l’exhumation de la dépouille du dirigeant, ce qui fut fait en novembre 2012.

Une soixantaine d’échantillons avaient été répartis pour analyse entre trois équipes d’enquêteurs, suisses, français et russes, chacune effectuant son travail individuellement, sans contact avec les autres. Suite à l’étude de ces prélèvements, les Suisses ont indiqué début novembre qu’ils privilégiaient la piste d’un empoisonnement. Les Français ont pour leur part écarté cette hypothèse. Quant aux Russes, ils sont pour l’instant restés prudents, indiquant qu’il était  impossible de déterminer si le polonium était la cause de la mort.

Avec AFP

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